Mes écrits d'un jour

13 juin 2017

Maison de retraite Les Campanules- Claude Allain

ABS Multimédias, parution décembre 2016, livre audio: 1h13

     Merci à Babelio et ABS Multimédias pour cette découverte du livre audio.

 

     Monsieur Frédéric Boutier dit Fredo résident de la maison de retraite Les Campanules depuis 8 ans aime se reposer sous le tilleul dans le jardin. Madame Ghislaine, directrice l’y emmène régulièrement. Ce jour-là elle présente Monsieur Santini Martial, ancien paysan venu se reposer aux Campanules après le décès de sa femme,  fatigué de subir les conflits familiaux lors du partage de ses terres entre ses enfants.

     Ces deux hommes aux horizons différents, aux caractères très opposés vont devoir vivre dans la même chambre du fait des travaux dans l’aile nord du bâtiment. Une cohabitation qui s’annonce difficile.

« D’où qu’il sort celui-là avec cet accent ? »

« Encore un proxénète, il a l’air aussi fort qu’un âne qui recule. »

     La journée est mouvementée, chacun s’envoyant des pics, haussant le ton plus que l’autre. De vrais petits coqs voulant avoir absolument avoir raison de tout. Et puis, l’instant magique, les fous rires, les tapes dans le dos, mais de courte durée, le naturel reprenant le dessus.

« Maintenant, je te connais et j’aime bien ça, te faire mousser. »

     Madame Ghislaine est seule juge de cette situation mais un soucis de santé ne lui laisse pas le choix que de les abandonner à leur propre sort. Comment rendre cette cohabitation possible ? Les deux hommes y mettront-ils de la bonne volonté ? Et puis cette promesse faite à Madame Ghislaine, comment la respecter ?

 

 

     Voilà un baptême du livre audio bien sympathique. Les 4 voix (Dominique Epois, Julien Pastorello, Monique Lapierre et Robert Constant) mélangées aux sons extérieurs tels les oiseaux, les gravillons rendent l’écoute agréable et nous laissent imaginer le décor de ce jardin, ces personnages sous le tilleul avec un petit vent frais. Une écoute à huis clos pour être sûr de savourer chaque élocution. Je n’ai pu m’empêcher de prendre quelques notes et relever quelques passages de peur de perdre le fil de l’histoire mais j’aurais pu m’en passer. C’est simple à écouter, comme si je vivais ce moment avec eux, près d’eux.

19114588_10213278346699168_2028633032_n

Posté par henagas à 19:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


12 juin 2017

Ginny Moon- Benjamin Ludwig

Harper Collins, parution mai 2017, 421 pages

     Je remercie Babelio pour cette masse critique privilège ainsi que les éditions Harper Collins pour l’envoi du livre accompagné de ces jolis badges.

 

     Sous la forme d’un journal mentionnant chaque jour et chaque heure à la minute près, Ginny, la narratrice, se raconte durant 4 mois et demi.

     Ginny a 13 ans, est autiste et présente des troubles du développement. Elle a été enlevée à sa mère Gloria à l’âge de 9 ans par les services sociaux car elle subissait des maltraitances. Elle vit chez Brian et Maura, ‘ses-parents-pour-toujours’ comme elle les appelle depuis 2 ans, ayant écumé plusieurs familles d’accueil auparavant.

     Malgré tout ce que sa mère lui a infligé Ginny veut absolument s’enfuir pour la retrouver. En effet, lors de son départ précipité elle y a abandonné sa Poupée et celle-ci est en danger de mort car Gloria est incapable de s’en occuper convenablement. Avec une volonté de fer Ginny met tout en œuvre pour sauver sa Poupée, sans limites.

« C’est ça, le problème. Tout le monde veut que je sois en sécurité, mais sécurité pour moi, ça veut dire pas de sécurité pour ma Poupée. Comme ça : (Sécurité) pour Ginny = (- Sécurité) pour ma Poupée. »

 

     Cette plongée dans le monde de Ginny m’a permis de découvrir l’autisme. Ce quotidien fait de rituel avec les neuf raisins à manger au petit déjeuner, le fait de ne pouvoir répondre qu’à une seule question, les interdits à respecter, le cerveau en perpétuelle ébullition. J’ai compris au fil des pages comment fonctionne Ginny, comment elle voit les choses et les comprend ou pas, perturbée des imprévus qu’elle ne sait pas gérer émotionnellement. Ginny a besoin de tout maîtriser pour son équilibre et son bien-être. Et elle y parvient avec brio, ne faisant pas de son autisme un handicap à part entière.

     Benjamin Ludwig nous offre un récit sensible, poignant, délicat qui nous touche en plein cœur. J’ai souris, j’ai pleuré, j’ai crié tellement le texte est prenant. Ginny, cette ado si attachante que l’on a envie de protéger de ce monde si codé, de la serrer fort dans nos bras pour la couvrir d’amour. Vous avez bien compris ce roman m’a bouleversé, l’écriture est parfaite, le sujet maîtrisé (l’auteur étant personnellement impliqué dans l’autisme), les personnages sont justes. L’histoire m’a tenue en haleine jusqu’au bout, et ce final wouhhhh. J’arrête sinon je vais tout vous raconter. Ah si ! Juste un p’tit truc : foncez l’acheter !

 

IMG_20170531_193425_273

08 juin 2017

Le cœur à l’aiguille- Claire Gondor

Buchet Chastel, parution avril 2017, 95 pages

 

     Leïla vit à Paris, elle reçoit des lettres de son fiancé Dan parti au combat à Khartoum pendant 7 mois. De ces 56 bouts de papiers Leïla fait 56 fragments de tissu blanc qu’elle coud sur sa robe de mariée.

« Cinquante-six carrés blancs éparpillés sur le guéridon. Cinquante-six bouts de papier barrés de quelques signes. Cinquante-six lettres, à peine, plutôt des haïkus de lettres : une phrase ou deux, une signature, un baiser- les lettres de Dan, plus précieuses que tout. »

     Chacune de ces lettres a une place bien précise sur cette robe correspondant à des bribes de souvenirs vécus avec son amoureux.

« Elle suivait un plan précis, elle s’était même dessiné un patron. Elle ne créait pas au petit bonheur. Le grand projet de sa vie de femme, passé au filtre de ces heures, de ces jours, de ces mois en suspens, avait longtemps infusé en elle, avait poussé comme l’ancolie au milieu de la friche. »

 

     Une couverture pleine de douceur, très prometteuse pour moi mais la magie n’a pas opéré. L’écriture est délicate, féminine. L’idée est originale mais les personnages de Leïla et Dan sont restés en surface. 95 pages de reconstitution d’un puzzle m’ont semblé trop lourdes. Le texte manque d’intensité, de réflexion sur cette fameuse robe de mariée. On revit les souvenirs amoureux de Leïla à travers les lettres mais je ne suis pas parvenue à ressentir ce petit quelque chose de touchant, peut-être que ce n’était pas le bon moment de lecture pour moi !

18983303_10213214327818736_1276247304_n

26 mai 2017

La tresse- Laetitia Colombani

Grasset, parution mai 2017, 222 pages

 

     Trois continents, trois destins de femme qui ne se connaissent pas et ne se rencontreront jamais mais pourtant animés par un lien unique, le cheveu.

 

     Smita vit à Badlapur en Inde, c’est une Intouchable. Son quotidien de videur de toilettes consiste à nettoyer les excréments de la haute classe sociale. Elle est mariée à Nagarajan chasseur de rats et a une fille de 6 ans Lalita.

« Mais elle ne sait comment s’exprimer, comment dire à sa fille ses espoirs, ses rêves un peu fous, ce papillon qui bat dans son ventre. »

     Giulia vit à Palerme en Sicile, elle travaille dans l’atelier familial spécialisé dans les cheveux pour postiches ou perruques. Son père lui a transmis le goût du travail bien fait dans le respect des traditions.

« Pour les commandes spécialisées, les couleurs difficiles à trouver, le papa a un secret : une formule héritée de son père et de son grand-père avant lui, à base de produits naturels dont il ne dit jamais le nom. Cette formule, il l’a transmise à Giulia. »

     Sarah vit à Montréal au Canada, divorcée et mère de trois enfants. Elle est associée dans un prestigieux cabinet d’avocats et maîtrise sa vie à la perfection.

« Sarah avait ainsi construit un mur parfaitement hermétique entre sa vie professionnelle et sa vie familiale, chacune suivant son cours, telles deux droites parallèles qui ne se rencontrent jamais. »

 

     Smita, Giulia et Sarah sont amenées à faire face à des difficultés où leur rôle de femme est mis à rude épreuve.

« Il s’agit d’une procédure au long cours, ce sera une guerre des nerfs, une succession de moments d’espoir, de doute, et d’autres où peut-être elle se croira vaincue. Il faudra tenir, coûte que coûte. »

 

 

     Laetitia Colombani dresse le portrait de trois femmes qui se battent pour leur rôle dans la société, leur liberté et l’égalité. Nous découvrons à travers trois pays la place de la femme au sein de la communauté et comment celle-ci prend sa vie en main pour être acceptée dans ses choix d’avenir.

« Devant les épreuves que la vie leur a imposées, elle n’a jamais flanché, jamais cédé, c’est une femme forte et volontaire. »

     Ce n’est pas un roman féministe mais plutôt sur la condition féminine à travers trois pays très différents. Ces femmes qui veulent s’émanciper d’une vie qu’elles ne souhaitent plus subir et s’en donnent les moyens à toute épreuve.

« Elle retourne au front comme un bon petit soldat, remet ce masque qu’elle a toujours porté et qui lui va si bien, celui de la femme souriante à qui tout réussit. »

     Ce récit me rend admirative de cette force de courage et de caractère dont elles ont fait preuve. Laetitia Colombani leur rend un bel hommage oh combien touchant.

 

« Je ne suis qu’un lien,

un trait d’union dérisoire

Qui se tient

À l’intersection de leurs vies,

Un fil ténu qui les relie,

Aussi fin qu’un cheveu,

Invisible au monde et aux yeux. »

 

18685651_10213066670327391_2114022848_n

Comme une respiration- Jean Teulé

Julliard, parution octobre 2016, 153 pages

     Jean Teulé nous propose 40 nouvelles très courtes qui se lisent facilement. Des situations de tous les jours, des anecdotes, des instantanés vécus par chacun. Mise à part 5 qui m’ont marquée je ne garde rien des autres nouvelles.

 

     Cui-cui : cette vieille maison bleue de Bretagne où les mésanges, les hirondelles, les alouettes et les rouges-gorges chantent ensemble dans les murs de la demeure. « C’est une maison pas bleue pas adossée à la colline…mais elle me console du monde. »

     Petite fleur : un dimanche d’été une vieille dame se laisse entraîner sur un slow devant des musiciens de rue. « Moi, je n’observe qu’elle tout comme le soleil qui, entre deux cumulus, salue furtivement cette humble fleur des rues échappée aux gens. »

     L’arbres : un conifère de 8 siècles héberge et nourrit un cerisier sauvage. « Les deux ne forment plus qu’un seul arbre. »

     Lui : un centre de loisirs accueille Arthur enfant de la DDASS ignoré de tous. « Après un rictus nerveux et sans se retourner, l’animatrice, à tout hasard, appelle : ‘Arthur !’ et elle a le bonheur d’entendre, dans son dos, en écho : ‘Présent.’ »

     Sophiiie… : enfant, Sylvie appelait constamment sa sœur Sophie pour qu’elle dorme avec elle la nuit lorsqu’elle avait peur, mais aujourd’hui elles sont adultes. « Le soir même, Sophie se glisse, à plat dos et sans un mot, dans le lit d’une Sylvie rassurée venant se blottir à l’intérieur du bras gauche de sa petite sœur où elle meurt avec, aux lèvres, un sourire. »

 

     Jean Teulé nous offre des moments de vie simple, déprimants, authentiques, joyeux mais trop courts pour moi. J’aurais aimé moins de nouvelles et plus de construction dans le récit. Il manque d’originalité, de profondeur pour rentrer dans le vécu de chaque personnage. Pour une première lecture de cet écrivain je reste sur ma faim, dommage.

 

     Ce livre fait partie de la lecture commune de mai du groupe de lecture Tic-Tac Books.

 

18685544_10213067092537946_315240209_n

Posté par henagas à 20:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


22 mai 2017

Inséparables –Sarah Crossan

Rageot, parution mai 2017, 406 pages

    

Inséparables

     Tout d’abord je remercie Babelio et les éditions Rageot pour cette découverte oh combien majestueuse.♡♡♡♡

    Grace et Tippi sont deux sœurs siamoises de    16 ans.

« Vous comprenez,

Tippi et moi, on n’est pas ce qu’on appelle normales

pas le genre qu’on rencontre tous les jours,

ni même une seule fois

                                                                            dans sa vie. »

    

     Certes elles partagent le même corps mais elles sont très différentes. Grace est réservée, discrète tandis que Tippi est excentrique, boute-en-train. Malgré deux personnalités opposées elles se complètent et s’aiment d’un amour unique, fort et profond. Elles subissent les moqueries, les regards curieux et pourtant après des années d’école à la maison, voilà le moment tant redouté de rentrer au lycée. Nous suivons Grace et Tippi pendant 6 mois au sein d’une famille que la vie n’a pas gâtée, le père est alcoolique, la mère porte le fardeau financier de la famille et Dragon la sœur aînée veut vivre de sa passion la danse. Pensant que le lycée serait un enfer, les deux sœurs découvrent les cours, les amis et les profs.

« Dans la salle de classe,

ils rôdent autour de nous,

comme si on était au menu

du déjeuner,

comme s’ils étaient

une meute affamée, en chasse. »

 

     Jon et Yasmeen les acceptent sans jamais porter de regard malveillant ou de jugement. Une belle et grande amitié naît entre ces quatre personnages. Mais un jour Grace tombe sous le charme de Jon et parvient à cacher ça à Tippi mais pour combien de temps. Se pose alors la question : peut-on tomber amoureux à deux dans un seul corps ?

« Mais ce qu’on ne pourra jamais,

jamais faire,

c’est tomber amoureuses.

C’est clair ?

Oui, je murmure.

Pigé. »

 

     Le récit est narré par Grace qui nous livre ses pensées, ses émotions et ses interrogations. Elle tente de vivre normalement comme les ados de son âge dans un quotidien bercé de rendez-vous de psychologue et de médecin spécialisé. Car oui être siamoises cela veut dire être en permanence surveillées. Grace et Tippi sont soudées, elles ont besoin l’une de l’autre pour vivre et il est hors de question de les séparer.

« Elle n’est pas un morceau de moi.

Elle est moi totalement

et sans elle

il s’ouvrirait

un dévorant espace

dans ma poitrine,

un trou noir en expansion

que rien d’autre

ne pourrait

combler. »

 

     L’écriture est poétique rendant la lecture magique et lisse, on se laisse porter par les vers libres et on engloutit les 406 pages d’un coup. La mise en page est singulière comme nos deux personnages.

     Sarah Crossan aborde des thèmes comme la maladie, le jugement, la différence, le rejet ; qui sont durs mais elle les traite de façon poétique les rendant moins indigestes pour le lecteur. Ce livre nous interroge sur la tolérance et le respect des différences. OK on ne peut pas se mettre à la place de Grace et Tippi mais on peut tenter de comprendre ce qu’elles vivent dans ce monde cruel où le regard blesse et tue parfois !

« Personne à part nos parents et les docteurs ne nous ont vues nues,

et je suis terrifiée de

notre apparence, de ce à quoi je ressemble,

de ce dégoût, forcément,

chez quiconque

nous verrait

ainsi. »

 

     Ces deux sœurs ont touché mon petit ♡, elles ont un amour plus que fusionnel et que c’est beau à lire. L’histoire est originale, sans chichis et va droit à l’essentiel. Grace et Tippi ne portent pas leur différence comme un poids mais plutôt comme une chance. Elles sont impressionnantes, pleines de courage et de générosité.

     J’ai fini le livre en larmes, portée par un amour décuplé grâce à ce roman.

     Clémentine Beauvais (Songe à la douceur) nous traduit ce roman avec une qualité bouleversante.

« Notre Histoire à Nous.

Et c’est une épitaphe.

L’épitaphe d’un amour. »

 

     Je n’ai qu’un conseil à vous donner : lire viiiiite ce bouquin pour ne pas passer à côté d’une pépite littéraire.

13 mai 2017

Presque ensemble- Marjorie Philibert

JC Lattès, parution janvier 2017, 373 pages

 

     12 juillet 1998, coupe du monde de football, finale France-Brésil, pays en émoi. C’est ce soir-là que Victoire et Nicolas se rencontrent pour ne plus jamais se quitter.

« La date du 13 juillet 1998 fit ainsi basculer les existences de Victoire et Nicolas, en même temps que se gonflait le cœur d’un pays tout entier. »

     Nicolas est étudiant en sociologie, solitaire et mal à l’aise en société. Victoire est en psycho et dévore la vie à pleine dents. Les voilà embarqués dans la vie à deux. Hélas ce couple s’ennuie et se fatigue de la routine. Ptolémée, le chat, les rend épanouis…juste un temps ! Comment sortir de cette monotonie sans que ce duo ne sombre ?

« Ils ne se réconcilient jamais réellement, laissant plutôt mourir le conflit, qui continuait à flotter entre eux, comme une cigarette mal éteinte, dont l’odeur finit par devenir insupportable. »

     Les débuts de la vie active ne sont pas aussi simples qu’ils le pensaient et leur manque d’ambition n’aide pas.

« Au fond, n’importe quelle destinée leur paraissait plus enviable que la leur, comme une vidéothèque avec des milliers de films en couleur, à eux qui étaient condamnés au noir et blanc. »

 

     Une écriture classique + des personnages lambda = ennui profond ! Cette histoire n’est pas pour moi. Oui je l’ai lu en entier parce que j’ai espéré jusqu’au bout ce petit quelque chose qui me percuterait, me chamboulerait et me ferait l’aimer mais NON ! RIEN ! NADA ! 373 pages pour nous parler d’un couple sans intérêt que j’avais envie de secouer pour qu’il se bouge et soit maître de son destin. L’auteure en a trop fait ce qui rend le récit sans relief, oh si wouhh juste un petit passage de deux lignes et le soufflé retombe. Une troisième partie intéressante, dommage qu’elle ne survienne sur le tard, l’auteure aurait pu la développer mieux ce qui aurait rendu le récit réactif plus tôt. Une lecture dont je ne retiendrai rien.

 

     Ce roman fait partie de la sélection des 68 premières fois, édition 2017.

 

18471107_10212954429761447_408333236_n

 

Posté par henagas à 15:48 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Il était une lettre- Kathryn Hughes

Calmann-Lévy, parution mai 2016, 356 pages

 

     ‘Il était une lettre’ est le roman de deux femmes brisées par la vie à plusieurs décennies d’intervalle…

     Manchester, 1973, Tina jeune mariée vit sous les coups de son mari Rick, alcoolique. La semaine elle travaille comme secrétaire et le samedi elle est bénévole pour une boutique caritative. Lui est au chômage et passe ses journées au PMU à dépenser le peu d’argent qu’ils ont.

     En triant le linge à la boutique, Tina trouve une lettre datant de 1939 dans une veste adressée à une certaine Christina (=Chrissie) de la part de Billy. Celui-ci lui demande pardon suite à son comportement. En effet, il a pris la fuite lorsque Chrissie lui a annoncé sa grossesse. Mais cette lettre n’a jamais été postée !

     À partir de cet élément déclencheur nous pénétrons le passé de Chrissie et Billy, tout en suivant l’histoire dramatique de Tina qui essaie malgré tout ce qui lui arrive de retrouver ce couple d’amoureux. Tina veut absolument savoir pourquoi cette lettre n’a jamais été postée.

 

     Le roman est fluide, l’alternance des deux époques glisse sans soucis du fait de la recherche de Tina. Il rend hommage à ces femmes meurtries et détruites par l’emprise de leur mari. Le regard des autres et les apparences étaient à une époque essentiels pour l’honneur du père de famille, quitte à cacher le vilain petit canard qui s’écarte du chemin.

     Kathryn Hughes sait attendrir le lecteur en rendant les personnages attachants, on se prend à les aimer, à avoir envie de les câliner. Ce n’est pas de la grande littérature mais c’est simple et efficace. L’auteure aborde des sujets graves comme la violence conjugale, l’emprise, la survie, la perte d’un enfant, l’abandon, sans jamais entrer dans l’exagération. L’histoire est prenante et se lit d’une traite. Une belle découverte.

 

18492459_10212954808050904_749089059_n

Posté par henagas à 09:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

05 mai 2017

Jeu 1000ème visiteur:)

    

1000

 

     Il y a un peu plus d’un an je me lançais dans cette folle aventure des 68 premières fois. Découvrir des premiers romans m’apporta de belles découvertes littéraires en 2016 avec notamment ‘ Bianca de Loulou Robert et ‘Monsieur Origamide Jean-Marc Ceci. Mais pourquoi se limiter à lire ?

     Poussée par mon mari et ma super cop Amélie me voilà embarquée dans la création de MON blog et wouhhhhh c’est juste un truc de fou ! Écrire, annoter, relire, corriger et puis partager…..MAGIQUE !

     Merci à toutes les personnes qui font vivre mon blog, qui le lisent, vous êtes des winneurs.

     Et donc pour fêter le 1000ème visiteur je vous propose un petit tirage au sort afin de gagner le roman de Maylis de Kerangal ‘Réparer les vivants qui fut un coup de cœur pour moi.

     Pour cela il vous suffit :

-          De visiter mon blog :)

-          Et répondre à cette petite question en commentaire sous cet article : Quelle est votre lecture du moment ?  N’oubliez pas de mentionner vos noms, prénoms ou pseudo

     Le jeu prendra fin le 11 mai à minuit et je procèderai au tirage au sort le 12 mai.

 

 

18339623_120332000587213482_1385150620_o

 

 

Bonne chance à tous.

 

 

 

Et l'heureux gagnant est:

 

 

0b7e36e8535b7face78ffd311065e89b

 

 Félicitations à Jeanne et merci à tous d'avoir joué le jeu :)

 

 

 

Posté par henagas à 17:22 - - Commentaires [28] - Permalien [#]
Tags : , ,

La plume- Virginie Roels

Stock, mars 2017, 315 pages

 

     Un premier roman qui ne pouvait pas mieux tomber au milieu de cette actualité politique ! J’entends par là l’élection présidentielle 2017.

     Christelle Knox, journaliste, mène l’enquête suite au débat d’entre-deux tours de l’élection présidentielle. Celui-ci oppose Jean Debanel président sortant et Yves Cranchon. Elle veut savoir pourquoi Debanel fixe ce jeune étudiant, Julien Le Dantec, dans le public. Pourquoi Debanel est-il si déstabilisé ?

« La question qui m’habitait maintenant était donc la suivante : quel lien existait entre ce Julien Le Dantec et l’Élysée ? »

     Ce choc provoque la perte du président sortant. Christelle Knox pénètre les entrailles du pouvoir en rencontrant les proches collaborateurs de Debanel. Une enquête allant de surprise en déception. Faire croire certaines choses pour mieux amadouer le citoyen et l’amener à voter contre des faits n’ayant jamais existés ; tel est l’objectif de certains partis.

« Ca y est ! J’y suis ! La plume d’un président candidat au djihad, c’est une vraie bombe ! »

 

.     Je vous avoue ne pas avoir été emballé pour cette lecture. Sûrement et certainement dû aux médias français nous ‘intoxiquant’ de politique à gogo en ce moment, saturation pour ma part ! OK ce premier roman est monté comme un polar, Virginie Roels maîtrise son sujet mais il m’a fallu attendre 124 pages pour enfin rentrer dans l’histoire. Elle nous plonge dans l’univers de ces hommes avides de pouvoir où tous les coups sont permis pour mettre l'adversaire KO ! L’opinion publique est manipulée avec en marionnettiste un homme à l’égo interplanétaire. Ce livre m’écœure, me dégoûte de cet abus de pouvoir. Peut-être que j’aurais pu l’apprécier à un autre moment, dommage !

 

18253794_120332000501610834_585929753_n